Hausse des taux de la BCE : l’eurofolie !
Maisons-LafitteLa décision de la Banque Centrale Européenne de relever son taux directeur à 1,25%, décision prise sous l’impulsion de J.C. Trichet, est une véritable folie au regard de la situation économique européenne et surtout française.
Cette mesure va ralentir — ce qui n’était en rien souhaitable – la croissance, ô combien timorée, des pays de la zone euro. La hausse des taux va renchérir l’euro par rapport au dollar, ce qui ne manquera pas de freiner les exportations, notamment les exportations de la France dont le déficit commercial atteint des niveaux records (près de 7 Mds d’euros en un mois!). De surcroît, elle va pénaliser davantage encore les pays de la zone en grande difficulté comme la Grèce, le Portugal, l’Irlande et l’Espagne dont la charge de la dette va s’accroître d’autant !
Cette hausse du taux se justifie-t-elle par l’inflation – bête noire de J. C. Trichet — ?
C’est oublier que l’inflation est aussi un élément d’ajustement des facteurs de production. L’Histoire monétaire démontre à l’envi que lorsque l’endettement des Etats est équivalent à leur PIB ou le dépasse même, seule l’inflation réussit à faire sortir les économies de la nasse ! Ce fut le cas des Etats-Unis, de la France, de la G-B dans les années cinquante.
J.C. Trichet devrait se rappeler que l’inflation pose, certes, des problèmes de rattrapage des salaires mais qu’ il y a pire, la déflation, qui accroît le chômage et entraîne les révoltes sociales. Le gouverneur de la BCE poursuit, on le sait, sans relâche son idée de faire de l’euro une monnaie forte mais cela n’a aucun sens !
Directeur du Trésor, il avait déjà imposé le franc fort à E. Balladur, premier ministre en 1993–1994 : ce fut une faute sans appel car c’est ainsi que le franc fort, surévalué, arrimé au Deutschemark, à commencé à asphyxier les exportations françaises et a été converti à l’euro à une parité trop forte.
Une monnaie trop forte est un handicap, elle doit être adaptée à l’économie. A un moment où la FED injecte avec force et succès des liquidités dans l’économie américaine par la planche à billets, le dogmatisme de la BCE est saisissant.
L’eurofolie continue et mène tout droit à la remise en cause programmée de l’euro, ce n’est qu’une question de temps !









