Paris premier, tchao Kombouaré !!!
Au PSG, même quand tout va bien, il faut qu’il se passe quelque chose. Hier soir, à l’issue d’une nouvelle victoire du PSG à Saint-Etienne (1–0) assortie d’un titre honorifique de champion d’automne, on pensait qu’Antoine Kombouaré allait passer les fêtes tranquille. On ne s’était pas trompés : avec les indemnités de licenciement qu’il devrait toucher, AK va pouvoir gâter ses enfants à Noël, sans avoir à se prendre la tête sur le comportement lunatique de Pastore où l’arrivée hypothétique de David Beckham. A Paris, quand on est leader du championnat à la trêve, on vire l’entraîneur.
Revenons à ce déplacement à Saint-Etienne, où les conditions étaient réunies pour une défaite Parisienne : fatigue physique due à l’enchaînement des matchs et un jour de récupération en moins, terrain et climat peu favorables à un jeu technique rapide, adversaire stéphanois quasi-invaincue à domicile (un seul revers face à Lille) et restant sur 6 matchs sans défaite. Résultat : une victoire costaude grâce à une grosse performance collective et au talent de Sirigu, premier gardien à repartir invaincu de Geoffroy-Guichard depuis 10 mois. Les Verts ont pourtant tiré (beaucoup) et cadré (un peu), mais se sont montré trop maladroits pour tromper le grand Italien, auteur de quatre arrêts énormes face aux Sako, Sinama-Pongolle et autres Aubameyang. En face, Paris est tombé sur un non moins grand Ruffier, lui aussi impérial sur deux occasions de Gameiro et Nene en fin de partie, et parfaitement suppléé par son défenseur Sylvain Marchal, auteur en début de match d’un bon retour sur Gameiro et d’un sauvetage sur sa ligne d’une frappe de Pastore. Beaucoup d’occasions donc dans ce match, mais un seul but, œuvre improbable de Mathieu Bodmer : sur un corner tiré par Nene, le milieu défensif (?) parisien ouvre le score d’une tête au premier poteau à la 32e minute. Sur le coup, Ruffier commet une double erreur : ne pas faire couvrir son poteau par un défenseur, et plonger trop tard pour détourner le ballon autre part que dans son but. Le score de ce match aura donc principalement tenu aux performances des gardiens, les deux équipes ayant offert une rencontre agréable et offensive.
Terminatore Sirigu aime bien se rouler dans la boue pour arrêter tout plein de tirs compliqués. Tant mieux pour Paris – imaginons un peu le score d’une telle rencontre avec un Apoula Edel dans les buts… L’Italien termine parfaitement une première partie de saison monumentale. La charnière Bisevac-Camara a eu du boulot et a été un peu bougée, mais termine son deuxième match sans encaisser de but (le troisième pour le Serbe). Les latéraux Jallet et Ceara sont restés plutôt prudents mais se sont créé une occasion énorme chacun : tandis que Jallet choisissait la frappe de mule (sans doute en clin d’œil à Franck Sauzée qui commentait le match à la télévision), Ceara tentait de remettre en cause les fondements de la géométrie euclidienne en essayant de marquer sur une frappe parallèle à la ligne de but, après un joli une-deux 100% brésilien avec Nene.
On a enfin compris à quoi servait Mathieu Bodmer : marquer de la tête sur corner (3e fois cette saison). Et pour une fois, il n’a pas trop souffert de la comparaison face à un Momo Sissoko fatigué au point de n’avoir même pas récolté de carton jaune. Nene et Menez terminent l’année moins décisifs mais toujours aussi travailleurs, contrairement à Pastore, dont la nonchalance est parfois incroyable. Seulement, sans l’inefficacité de Gameiro, l’Argentin aurait peut-être terminé l’année avec deux ou trois passes décisives de plus. Il faut dire que le petit Kevin a trouvé un sur sa route un très bon Ruffier, et sa tentative de marquer le même but qu’à Sochaux s’est terminée sur le poteau… Kombouaré termine sa carrière à Paris sur un coaching béton 100% Ricardo, avec les entrées d’Armand, Hoarau et Tiéné pour tenir le score.
Après les contre-performances de Montpellier (battu 4–2 à Evian), Lille (4–4 face à Nice) et Lyon (battu 1–0 à Valenciennes), Paris termine les matchs allers seul en tête, avec respectivement 3, 4 et 5 points d’avance sur ses principaux rivaux. 12 victoires et 40 points en 19 matchs : le prochain entraîneur du PSG aura certainement du mal à faire mieux. On ne saura peut-être jamais quel était le tort d’Antoine Kombouaré, mais Javier Pastore, très froid envers son entraîneur à chacune de ses sorties du terrain, a peut-être une idée, lui qui semblait avoir senti le vent tourner… Toujours est-il que, l’Argentin mis à part, les joueurs soutenaient ouvertement leur entraîneur, ce qui rend d’autant plus incompréhensible cette éviction. Place désormais aux quinze jours de trêve hivernale, le PSG reprenant a compétition le 7 janvier à Locminé, pour les 32e de finale de la Coupe de France.










